Remboursement cure thermale : prise en charge, frais et mutuelle
Le remboursement cure thermale repose sur deux étages. L’Assurance maladie prend en charge une partie des soins, à condition que la cure soit prescrite par un médecin, dure 18 jours et se déroule dans un établissement thermal agréé et conventionné. Le forfait thermal est couvert à 65 % et le suivi par le praticien thermal à 70 %. L’hébergement et les frais de transport ne sont remboursés que sous conditions de ressources. Le reste, c’est-à-dire le ticket modérateur, le complément tarifaire et le coût réel du séjour, dépend de votre mutuelle. Ce remboursement partiel surprend souvent les curistes qui préparent leur première cure : mieux vaut connaître la règle avant de réserver.
Cette page détaille, poste par poste, le montant du remboursement par la Sécurité sociale, ce qui reste à votre charge, les cas de remboursement à 100 % et le rôle exact de la complémentaire santé dans la médecine thermale. Les informations proviennent du site officiel ameli.fr et du service public, consultés en octobre 2026.
Cure de 18 jours, sur ordonnance, dans une station thermale agréée, une fois par an pour une même affection. Soins thermaux couverts à 65 % du tarif conventionnel, suivi thermal à 70 %. Hébergement et transport : seulement si vos ressources restent sous le plafond. Pour 2026, la règle ne change pas.
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Les conditions de remboursement d’une cure
La Sécurité sociale ne finance pas une semaine de détente aux thermes. Elle couvre un acte de médecine thermale, qui doit répondre à cinq conditions cumulatives. La médecine thermale utilise les propriétés d’une eau thermale, prise en boisson ou en bain, pour soigner une affection chronique, en complément d’un traitement de médecine générale. Ce n’est pas une médecine douce au sens du bien-être : chaque soin est prescrit dans un cadre défini, et la qualité de l’eau de chaque source est contrôlée. La médecine thermale reste une médecine à part entière, reconnue par l’Assurance maladie.
- Une ordonnance médicale. La cure est prescrite par votre médecin traitant ou un spécialiste, ou par un chirurgien-dentiste pour les affections des muqueuses bucco-linguales. Elle doit être liée à une pathologie précise et adaptée à votre besoin.
- Une orientation thérapeutique reconnue. L’affection doit relever de l’une des 12 orientations prises en charge : rhumatologie, voies respiratoires, dermatologie, phlébologie, affections digestives et maladies métaboliques, affections urinaires, maladies cardio-artérielles, gynécologie, neurologie, affections psychosomatiques, troubles du développement de l’enfant et affections des muqueuses bucco-linguales.
- Une station conventionnée. Le prescripteur choisit la ville thermale en fonction de l’orientation thermale et de votre situation personnelle. Une cure effectuée hors des établissements thermaux agréés n’ouvre droit à aucun remboursement.
- Une durée de 18 jours de soins. Ce sont 18 jours de traitement effectifs, avec plusieurs soins par jour. Une cure interrompue n’est payée qu’en cas de motif de santé ou de force majeure, au prorata du temps réalisé.
- Une demande de prise en charge. Le dossier part à votre caisse d’assurance maladie avant le départ, avec la déclaration de ressources et les justificatifs.
Le droit à remboursement est limité à une cure par année civile pour une même affection. Une double orientation dans la même station est possible quand les deux pathologies sont reconnues, par exemple rhumatologie et affection respiratoire. Une seconde cure la même année reste exceptionnelle et dépend de l’avis du médecin-conseil.
Une douleur chronique liée à l’arthrose, l’asthme avec sa gêne respiratoire, une douleur dorsale, un trouble veineux traité en phlébologie ou une maladie de peau comptent parmi les motifs les plus courants. Pour un patient âgé, la cure sert souvent au maintien de la mobilité et à soulager une douleur articulaire sur la durée, à condition d’y accéder dans de bonnes conditions. Dans tous les cas, c’est le prescripteur qui juge de l’intérêt thérapeutique de la pratique thermale, pas le curiste. Il est utile d’en parler tôt avec votre médecin traitant, car l’offre thermale varie beaucoup d’une ville à l’autre et le choix de la station se fait au moyen de critères médicaux.
Ce que rembourse la Sécurité sociale
Le remboursement par la Sécurité sociale porte sur trois postes de soins, chacun avec sa base de remboursement. Ces montants figurent sur la fiche service-public.gouv.fr consacrée à la cure, vérifiée le 1er janvier 2026, et sur la page ameli.fr sur la cure.
| Poste | Base retenue | Part de la Sécurité sociale | Ce qui reste à payer |
|---|---|---|---|
| Soins thermaux (bains, douches, boues, eau thermale) | Tarif forfaitaire, variable selon l’orientation thermale | 65 % | 35 % de la base et éventuel complément tarifaire |
| Surveillance médicale (au moins 3 consultations) | 80 € avec un médecin conventionné, 6,86 € sinon | 70 % | 24 € avec un praticien conventionné, plus d’éventuels dépassements |
| Pratiques médicales complémentaires | Tarif conventionnel de chaque acte | 70 % | 30 % de la base |
Le tarif des soins thermaux est fixé par convention entre l’Assurance maladie et la profession thermale. La prise d’effet de chaque nouveau tarif suit cette convention. Son montant change selon l’orientation et le programme retenu sur place : il n’existe donc pas de prix unique. L’établissement peut facturer un complément tarifaire, plafonné par la convention, qui n’est jamais remboursé par le régime obligatoire.
Prenons un exemple simple sur le suivi par le médecin thermal. Dans ce cas, la base est de 80 €. La caisse verse 70 %, soit 56 €. Les 24 € restants forment le ticket modérateur, à régler par le curiste ou par sa mutuelle. Le même calcul s’applique aux soins, avec 65 % au lieu de 70 %. Chaque consultation thermale, chaque bain d’eau thermale et chaque acte suivent cette logique : la part de la caisse se calcule toujours sur la base, jamais sur la facture réelle.
Hébergement et transport : sous conditions de ressources
Les frais d’hébergement et de transport ne sont pris en compte que si vos ressources de l’année civile précédant la prescription ne dépassent pas un plafond. Au-dessus, la dépense reste entière pour vous, et la déclaration porte la mention « sans objet ». Pensez à la remplir quand même : elle conditionne aussi l’indemnité journalière et la prise en compte de votre situation.
| Situation du foyer | Plafond de ressources annuelles |
|---|---|
| Personne seule | 14 664,38 € |
| Couple | 21 996,57 € |
| Couple avec un ayant droit | 29 328,76 € |
| Couple avec deux ayants droit | 36 660,95 € |
- L’hébergement. La caisse retient un forfait fixe de 150,01 € et en verse 65 %, soit 97,50 € pour tout le séjour, quel que soit le coût réel.
- Le transport. Il est pris en compte à 55 % sur la base d’un billet SNCF aller et retour en 2e classe, dans la limite de la dépense réellement engagée. Si le train coûte moins cher que la voiture, ce qui est en général le cas, c’est la base du billet SNCF qui s’applique, même si vous voyagez par la route.
- L’accompagnant. Son hébergement n’est jamais couvert. Son transport ne l’est que si l’assuré ne peut pas voyager seul, par exemple un enfant de moins de 16 ans ou une personne dont l’état de santé l’exige, et à condition que les frais de transport du curiste soient eux-mêmes pris en compte.
Ce plafond est bas : une personne seule dont le revenu dépasse un peu plus de 1 200 € par mois en est déjà exclue, même si sa dépense engagée est élevée. Pour la plupart des retraités, l’hébergement et le trajet sont donc à payer en totalité, sauf couverture spécifique de la mutuelle. Il est utile de réserver tôt, après la prise de décision avec votre médecin : en saison thermale, l’offre de location adaptée aux curistes se remplit vite. Notre guide sur l’hébergement en cure détaille les solutions pour accéder à un meublé ou une résidence près des thermes.
Indemnités journalières et arrêt de travail
Si vous êtes en activité, la cure peut ouvrir droit à une indemnité journalière versée par la caisse, sous trois conditions : des ressources inférieures au plafond annuel de la Sécurité sociale, majoré de 50 % par personne à charge, des droits ouverts à l’assurance maladie, et un délai de carence de 3 jours. Le formulaire d’accord sert alors d’avis d’arrêt de travail, sans démarche supplémentaire. L’indemnité journalière est versée selon les règles habituelles de l’arrêt maladie. Si un arrêt indemnisé était déjà en cours avant le départ, son versement continue, sans condition de ressources. Pour un retraité, la question ne se pose pas : aucune indemnité journalière n’est due, la pension continue d’être versée normalement.
Les cas où la cure est remboursée à 100 %
Affection de longue durée
Si la cure est liée à une ALD exonérante, aucun ticket n’est facturé sur les honoraires et les soins. Le transport est couvert à 100 % et le forfait d’hébergement de 150,01 € aussi, sous conditions de ressources et après accord préalable.
Accident du travail ou maladie professionnelle
Après avis favorable du service médical, les honoraires et les soins sont exonérés de la part habituelle. Le transport et l’hébergement sont couverts sans condition de ressources.
Cure avec hospitalisation
L’hospitalisation est couverte à 80 %, les soins thermaux à 65 %, et le transport comme l’hébergement sans condition de ressources, sur avis du médecin-conseil.
Complémentaire santé solidaire
L’établissement ne peut facturer que le tarif des soins, sans complément. Vous pouvez en bénéficier selon vos ressources, et la part complémentaire est couverte dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale.
Même dans ces situations, tout ce qui dépasse les bases de remboursement reste à payer : dépassements d’honoraires, soins de confort et coût réel du séjour au-delà du forfait.
Ce qui n’est jamais remboursé
- La thalassothérapie et le bien-être. Ils relèvent de la prévention et du confort, pas du thermalisme médical. Une semaine en spa ou une cure libre, sans ordonnance, n’ouvre droit à rien, même dans une ville thermale réputée.
- Les soins de confort. Massages ou modelages ajoutés au programme sont à payer en totalité.
- Le complément tarifaire. Plafonné par la convention, il n’est jamais pris en compte par le régime obligatoire.
- Les frais de retour anticipé. Si vous interrompez la cure sans motif médical ou de force majeure, rien n’est versé.
- L’hébergement de l’accompagnant. Il est toujours à la charge du foyer.
Les démarches, étape par étape
- Consultez votre médecin traitant. Il remplit le formulaire de demande et précise l’orientation et la station. C’est le moment de lui parler de votre situation et de vos contraintes de transport.
- Complétez la déclaration de ressources. Joignez un justificatif de revenu de l’année civile précédente, même si vous pensez dépasser le plafond : la caisse en a besoin pour statuer.
- Envoyez le dossier. Faites-le tôt, par voie postale ou selon la modalité indiquée, avant de réserver votre billet. Vous recevez en retour l’accord administratif de la caisse primaire, en plusieurs volets. Le délai de réponse est utile à prévoir pour préparer votre départ sereinement.
- Remettez les volets. Un volet va au praticien de la station, un autre à l’établissement thermal où vous êtes inscrit, le dernier sert au retour. Présenter ce document vous dispense d’avancer la part remboursée. Sans lui, vous payez la totalité des soins.
- Gardez vos factures. Les frais de retour, de transport et d’hébergement se demandent après la cure, avec le volet prévu et chaque justificatif. Votre mutuelle vous demandera aussi la facture pour verser son complément.
Le feu vert de la caisse vaut pour l’année civile en cours. Une demande acceptée en décembre ou en fin d’année peut rester valable au début de l’année suivante. Vérifiez la date indiquée sur ce volet avant de fixer vos dates : c’est une information officielle qui fait foi.
Le rôle de la mutuelle dans le remboursement
C’est le point que beaucoup découvrent trop tard. Un contrat responsable doit en principe couvrir la part laissée par la Sécurité sociale sur la plupart des soins, mais la cure fait partie des exceptions prévues par le code de la Sécurité sociale. Autrement dit, votre complémentaire, qu’elle relève du code des assurances ou du code de la mutualité, n’est pas obligée de couvrir la cure. Seule une prestation cure inscrite dans votre tableau vous protège.
Quand elle existe, cette garantie prend généralement deux formes, parfois cumulées :
- Un pourcentage de la base. La mutuelle complète la part des soins et du suivi, jusqu’à 100 % de la base ou au-delà.
- Un forfait en euros par an. Il sert à couvrir ce que le régime obligatoire ne prend pas : hébergement réel, transport, complément tarifaire. C’est souvent ce montant qui fait la vraie différence pour un curiste qui dépasse le plafond de ressources, car le remboursement par la mutuelle porte alors sur la charge des frais de séjour.
Lisez attentivement l’unité et les modalités : certains contrats exigent le feu vert de la caisse, d’autres plafonnent la somme par an ou la réservent à certaines formules. Une cure par an pendant plusieurs années représente un coût récurrent : il mérite d’être pris en compte au moment de choisir ou de revoir votre complémentaire, surtout à la retraite.
Prix d’une cure : ce qui reste à votre charge
Le reste à charge d’une cure dépend de quatre postes. La part non remboursée des soins, c’est-à-dire 35 % de la base du forfait de soins, plus un éventuel complément. La part du suivi médical non couverte, soit 24 € avec un praticien qui applique les tarifs de la Sécurité sociale. L’hébergement et le trajet, en totalité si vous dépassez le plafond. Enfin les dépenses personnelles sur place, qui ne relèvent d’aucun forfait.
Pour obtenir une estimation fiable, demandez à l’établissement le montant du forfait de soins prévu pour votre orientation, puis comparez-le à votre tableau de garanties. Vous saurez alors de quel montant vous pouvez bénéficier et si votre mutuelle intervient à hauteur du ticket modérateur, avec un forfait de séjour, ou pas du tout. Cette prise de renseignements prend quelques minutes et évite les mauvaises surprises. Une cure de rhumatologie et une cure de dermatologie n’ont pas le même tarif : chaque station thermale peut vous communiquer ses forfaits, et l’information officielle de la convention sert de base. La prise de rendez-vous auprès des thermes se fait ensuite, une fois l’accord reçu.
Si votre budget est serré et que le besoin de soins est réel, plusieurs pistes existent : faire reconnaître le lien avec une ALD quand c’est justifié, vérifier vos droits à la Complémentaire santé solidaire, ou demander à votre caisse de retraite si une aide au départ est prévue. Ces démarches demandent du temps, mieux vaut les préparer plusieurs mois avant la saison thermale. La prise de contact avec la station thermale et la prise en compte de vos dates de congés peuvent se faire en parallèle.
Ce qui pourrait changer en 2027
En 2026, rien ne change : le projet présenté à l’automne 2025, qui prévoyait de ramener la part de 65 % à 15 %, n’a pas été appliqué, et les soins restent remboursés à 65 %.
Pour 2027, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, déposé à l’Assemblée à l’automne 2026, annonce dans ses annexes une baisse du taux de remboursement des cures, pour une économie d’environ 200 millions d’euros reportée vers les complémentaires santé. Selon Public Sénat, aucun nouveau taux ni aucune date n’ont été annoncés, et la mesure passerait par un décret. Il s’agit d’un projet, pas d’une règle en vigueur. Si elle se confirme, la part laissée au curiste augmenterait, et la couverture cure de votre mutuelle prendrait encore plus de poids.
Comment nous vous aidons
Quand vous nous confiez votre contrat, nous vérifions d’abord s’il contient une couverture cure, sous quelle forme et avec quelles conditions. Nous comparons ensuite ce que vous paieriez réellement pour une cure de 18 jours, hébergement et transport compris, avec des contrats équivalents. Si votre contrat actuel convient, nous vous le disons.
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Questions fréquentes
Quel est le taux de remboursement d’une cure ?
Les soins sont couverts à 65 % du tarif conventionnel et le suivi thermal à 70 %. L’hébergement et le transport ne sont remboursés que sous conditions de ressources.
La cure est-elle remboursée à 100 % ?
Oui, dans certains cas : affection de longue durée liée à la cure, accident du travail ou maladie professionnelle. En dehors de ces situations, une partie des frais reste à payer.
Combien de cures peut-on faire par an ?
Une seule par année civile pour une même affection. Une double orientation dans la même station est possible si les deux sont reconnues.
Faut-il une ordonnance pour être remboursé ?
Oui, la cure doit être prescrite et acceptée par votre caisse avant le départ. Sans réponse favorable, vous payez la totalité.
Le logement pendant la cure est-il remboursé ?
Seulement si vos ressources sont sous le plafond, soit 14 664,38 € pour une personne seule. Le remboursement est alors de 97,50 € pour tout le séjour.
Ma mutuelle rembourse-t-elle forcément la cure ?
Non. La cure n’est pas obligatoire dans les contrats responsables. Seule une prestation cure, prévue dans votre contrat, couvre le reste à charge.
Combien coûte une cure ?
Le coût varie selon l’orientation, la station, l’hébergement et le trajet. Seuls les soins ont une base fixée par convention, le reste dépend de vos choix et de l’offre locale.
Le remboursement va-t-il baisser en 2027 ?
C’est un projet annoncé en octobre 2026, sans taux ni date à ce stade. Pour 2026, la part de 65 % est maintenue.
Pour aller plus loin
Trouver et réserver son logement près des thermes.
Ce que rembourse la Sécurité sociale sur le matériel médical.
Le remboursement des aides auditives et le 100 % Santé.
